SABDAM 2026 : Barly Baruti veut faire de Kinshasa la capitale africaine de la BD avec un corridor Kinshasa-Dakar-Tétouan

C’est sans doute le projet le plus alléchant de cette rentrée culturelle et le plus panafricain, celui que le bédéiste Barly Baruti Kandolo avait annoncé tout récemment à Dakar en marge du Festival Attaya BD et qui prend corps en ce mois de septembre.

Nous y sommes. Du 11 au 13 septembre, Kinshasa abrite la 7ème édition du Salon africain de la bande dessinée et de l’autre musik (SABDAM), à l’Académie des Beaux-Arts, l’écrin mythique des artistes kinois, ce haut lieu de mémoire et de création que Barly Baruti voit comme le point de convergence de tous les langages artistiques.

Une édition qui ne sera pas comme les autres, puisque Barly Baruti va y lancer officiellement son projet le plus ambitieux : un corridor culturel de la bande dessinée africaine. Une idée née à DakarL’idée, qu’il qualifie lui-même de “ géniale ”, est née à Dakar lors de la clôture de la 3ème édition d’Attaya.

Elle est simple et fédératrice : créer une autoroute du 9ème art qui partira de Kinshasa pour couvrir l’Afrique de l’Est, fera escale à Dakar pour l’Afrique de l’Ouest, avant de rejoindre Tétouan, au nord du Maroc, pour rassembler l’Afrique du Nord.

Barly baruti Kandolo, le bédéiste Congolais de renommée internationale

Trois pôles, trois capitales culturelles, un même langage : la bulle

« Kinshasa, c’est pour toute l’Afrique de l’Est, Dakar va couvrir l’Ouest et Tétouan le Nord », résume Barly, qui veut faire de ce corridor un réseau permanent d’échanges, de résidences, de co-productions et de formations.

Objectif : fédérer les dessinateurs africains, souvent isolés, et donner enfin à la BD africaine la place qu’elle mérite. Plus qu’un projet artistique, un plaidoyer Politique mais Barly voit plus loin. Son plaidoyer est politique.« On doit se voir tout le temps, sans attendre un salon ou un festival », a-t-il lancé à Dakar. Le maître de la BD rêve d’un parcours sans visa pour les artistes qui empruntaient ce corridor.

Son délégué à Dakar, Jean-François Pakula, parle d’un pont à consolider entre Bruxelles, Dakar et Kinshasa pour « vivifier la coopération ». Du côté de la diplomatie congolaise, le signal est au vert.

Un rêve de libre circulation pour les créateurs.

Dans son viseur, un titre symbolique : faire de Kinshasa la capitale africaine de la bande dessinée. À l’image de Ouagadougou pour le cinéma, Bamako pour la photographie, Abidjan pour les arts vivants et Dakar pour les lettres.Une ambition soutenue par la Délégation générale Wallonie-Bruxelles.

Le dessinateur et musicien congolais, Barly Baruti kandolo

L’ambassadeur plénipotentiaire de la RDC à Dakar, Christophe Muzungu, assure que Kinshasa, via le ministère des Affaires étrangères, est informée et soutient l’initiative. Le SABDAM 2026 s’annonce donc comme plus qu’un salon. Ce sera, dans l’écrin mythique de l’Académie, l’acte de naissance d’un nouveau panafricanisme dessiné.

JS

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