Joël Lamika interpelle : de l’Éthiopie à Kinshasa, pourquoi ne pas copier ce qui marche ?

Kinshasa n’a peut-être pas besoin de réinventer la roue. Elle a surtout besoin de volonté, de règles respectées et d’une culture de l’entretien.

La réflexion du Congolais Joël Lamika, actuellement en visite en Éthiopie, dépasse le simple constat touristique. Elle pose une question essentielle sur la manière dont les villes africaines sont pensées, entretenues et administrées.

Dans les rues éthiopiennes, Lamika , membre de la société civile dit avoir été frappé par la propreté des espaces publics, mais aussi par la qualité des infrastructures, notamment d’un saut-de-mouton. Un contraste qui, selon lui, saute aux yeux lorsqu’on le compare à la réalité de Kinshasa.

Le saut-de-mouton d’Addis-Abeb , capitale d’Éthiopienne.

Dans la capitale congolaise, les sauts-de-mouton, pourtant construits pour améliorer la mobilité urbaine, sont souvent transformés en panneaux publicitaires à ciel ouvert. Aux affiches commerciales s’ajoutent parfois celles de communautés religieuses, donnant à ces ouvrages une apparence désordonnée et négligée.

Le problème n’est donc pas seulement celui des infrastructures, mais celui de leur entretien et de la discipline collective. Une ville peut construire des routes, des ponts et des sauts-de-mouton ; si elle ne parvient pas à les préserver, l’investissement perd progressivement de sa valeur esthétique et sociale.

Le saut de mouton du 24 Mandela à Kinshasa, capitale de la RDC

La question soulevée par Joël Lamika mérite ainsi d’être posée : pourquoi les responsables congolais, lorsqu’ils découvrent à l’étranger des méthodes qui fonctionnent, ne cherchent-ils pas davantage à les adapter au contexte local ?

Il ne s’agit pas de copier aveuglément l’Éthiopie ou un autre pays. Il s’agit plutôt d’observer, d’apprendre et d’adapter.

Le saut-de-mouton d’Addis-Abeb

La gestion des déchets, l’entretien des espaces publics, la limitation des affichages anarchiques ou encore l’embellissement urbain ne nécessitent pas toujours des solutions révolutionnaires. Le véritable défi, au fond, est peut-être moins de savoir ce que les autres font de mieux que d’avoir le courage de reconnaître ce qui fonctionne ailleurs et de l’appliquer chez vous .

Rédaction

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