Le Grand Tambour de Kinshasa était en effervescence, jeudi 3 septembre 2026, à l’occasion de la première édition de « First Thursdays », une soirée dédiée à l’art, à la création et aux rencontres. Au programme : exposition d’art, performances artistiques, happy hour et marché des créateurs. Un afterwork culturel autrement.
À cette occasion, l’artiste visuel Rodrigo Gukwikila a présenté sa nouvelle série, « Rayon Z », et a accordé une interview au magazine Afrique Wide. » Je suis ici pour présenter mon travail artistique et mon institution, Bilanga Mobile, et surtout pour partager mon univers avec le public à travers cette exposition. » Explique-t-il.
Afrique Wide : Pour cette exposition, quel est l’accent particulier que vous apportez à la première édition de First Thursdays ?
Rodrigo Gukwikila : La particularité aujourd’hui, c’est que j’ai exposé mon travail réalisé sur une longue période. J’ai essayé de constituer une collection allant de Rayon Z, qui est ma dernière série, jusqu’à Bombe de retardement. Ce sont toutes les œuvres que j’ai réalisées entre 2021 et 2026.

J’ai également présenté Le Tendoir, qui est une installation mythique pour moi. C’est la vie, en fait, pour moi, depuis un certain temps. Je ne sais pas comment définir l’art en beaucoup de mots et dans beaucoup de sens.
J’ai défini l’art comme ma joie de vivre, comme des dessins qui peuvent reconstruire encore le monde dans une autre dimension, qui peuvent nous inspirer. La création doit être à la hauteur de ce que nous faisons comme images artistiques. C’est dans ce sens-là que nous sommes ici au Grand Tambour, pour donner encore davantage de goût à la présentation.
Afrique Wide : Quel est le message que vous transmettez au public à travers la série « Rayon Z » ?
Rodrigo Gukwikila : Rayon, c’est l’éclat, l’éclat de la vie. Et Z, c’est la dernière lettre de l’alphabet. Cela veut tout simplement dire les derniers instants que nous pouvons vivre.Cette joie-là, comme je l’ai dit, mon art, aujourd’hui, je l’ai défini comme la joie de vivre, la joie d’être et l’inspiration au-delà de la forme qui peut donner une autre dimension à l’existence.

Et Rayon Z, comme aujourd’hui nous sommes là au Grand Tambour, c’est la journée Z. Donc, nous profitons de cet instant, de l’éclat qui nous entoure ici.
Rayon Z, c’est vraiment cette liberté de créer, de composer au moment où je veux, comme je veux, comme toujours, comme un artiste, comme un créateur. Et ça reste des Rayons Z pour moi : la dernière création, les derniers instants, la joie de vivre, être à la hauteur de ce que je peux faire à cet instant-là, si ça rayonne.
Afrique Wide : Qu’est-ce qui vous a inspiré pour surnommer votre dernière série « Rayon Z » ?
Rodrigo Gukwikila : Ce qui m’a inspiré, c’est que j’ai vu les termes « génération Z » qui existent. J’ai vu aussi les termes « rayons X » qui existent. Lorsque j’ai commencé à représenter les rayons de l’existence, comme je travaille déjà dans la direction et dans l’orientation de la vie, je pensais aux rayons, que ce soient les derniers rayons, les derniers instants.

Afrique Wide : Quel message adressez-vous aux populations africaines ?
Rodrigo Gukwikila : La population africaine, nous devons tenir à notre spiritualité, à notre mémoire collective. Nous devons davantage travailler sur notre spiritualité attachée à nos ancêtres. Nous ne pouvons pas nous oublier nous-mêmes. Nous sommes, nous étions.
C’est ça, le message essentiel. Nous devons travailler sur cela. C’est difficile, c’est parfois un peu inexplicable par rapport à tout ce qu’on nous a appris dans cette existence. Aujourd’hui, avec Rayon Z, cette imagination nous dit : oui, on est libres, on est en paix quand on s’inspire de ce qui est de notre propre vie, de notre propre mémoire collective.
Merci.
Pat BOKETE