Une campagne de tensions visant des commerçants guinéens prend de l’ampleur au Sénégal depuis le mois de juillet. Des intimidations, des accusations et des appels au saccage de boutiques ont notamment été signalés dans plusieurs zones de Dakar.
À Pikine, Saikou Amadou Bah, qui tient une épicerie de proximité, raconte avoir été confronté à une hostilité grandissante. « Un client en colère est revenu la jeter ici. Il m’accuse de lui avoir vendu un produit périmé. C’est faux, regardez la date par vous-même. »

Les tensions ont été ravivées le 12 août par une vidéo publiée sur TikTok par l’influenceur sénégalais « Keylor », suivi par plus d’un million d’abonnés. Proche du député nationaliste Tahirou Sarr et chargé de la communication en ligne de son parti, Les Nationalistes, l’influenceur y accuse notamment des commerçants guinéens de favoriser des produits importés au détriment des produits sénégalais.
La séquence, devenue virale, a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Si cette campagne reste marginale, elle alimente néanmoins les inquiétudes dans un pays marqué par une forte présence de ressortissants de la sous-région.

Cette situation rappelle les tensions xénophobes observées en Afrique du Sud, où des migrants africains ont encore été pris pour cible en 2026 lors de manifestations et d’attaques visant des étrangers.
La comparaison reste toutefois à nuancer, mais la progression des discours hostiles au Sénégal ravive la crainte de voir s’installer un phénomène similaire. Le phénomène soulève désormais des préoccupations sur la progression des discours xénophobes et leurs conséquences sur la cohabitation entre communautés au Sénégal.
Rédaction