La Zambie, longtemps considérée comme l’un des pays africains habitués aux alternances politiques pacifiques, traverse une période postélectorale particulièrement préoccupante. La réélection de Hakainde Hichilema, avec environ 60 % des voix, est contestée par son principal adversaire, Brian Mundubile, qui dénonce des irrégularités.
Mais au-delà de la bataille des chiffres, c’est surtout la montée des tensions qui inquiète. Le raid des forces de sécurité au domicile de Mundubile, au cours duquel l’ancien ministre et député d’opposition Mutotwe Kafwaya a été tué, ainsi que les arrestations de plusieurs figures de l’opposition, donnent une image inhabituelle d’un pays pourtant réputé pour sa stabilité démocratique.
Cette situation rappelle une évidence : une élection ne se limite pas à proclamer un vainqueur.

La véritable force d’une démocratie se mesure aussi à sa capacité à protéger l’opposition, garantir la transparence du scrutin et permettre aux contestations d’être examinées dans le respect de la loi. La fermeture des principales juridictions zambiennes le 24 août, alors que l’opposition devait pouvoir contester les résultats, a d’ailleurs renforcé les inquiétudes.

La Zambie se trouve donc face à un choix crucial : préserver son image de démocratie stable ou laisser les violences, les soupçons et la répression politique fragiliser un acquis construit au fil des alternances. Dans une démocratie, la victoire électorale ne doit jamais devenir un permis de faire taire les voix dissidentes.
Redaction